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Le "petit" génocide grec

Le 19 Mai est le jour choisi par l’Etat grec pour commémorer ce génocide, date importante depuis aux yeux de deux millions de Grecs Pontiques dispersés à part le monde.

Le Consul général américain G. Horton déclarait : "Une  des déclarations les plus habiles diffusées par les propagandistes Turcs est en effet que les chrétiens massacrés étaient aussi mauvais que leurs bourreaux, et que le compte était '50-50". Sur la même question, il commentait: "Si les Grecs, après les massacres du Pont et de Smyrne, massacraient tous les Turcs en Grèce, le compte aurait été à peine 50-50 ". En tant que témoin oculaire, il rend hommage également aux Grecs pour "...leur «attitude»  envers les milliers de Turcs résidant en Grèce, pendant que tous ces massacres barbares avaient lieu sur leur compatriotes.....", attitude qui, selon son opinion, était «l'un des chapitres les plus inspirants et les plus beaux de l'histoire de tous les pays ". Si G.Hurton a été un peu critiqué pour ses propos "anti-musulmans", cependant, il n'y a pas eu de voix qui s'est élevée pour contester le génocide. Cependant, il y a un chemin a faire jusqu'à sa reconnaissance.

Les Français connaissent peu ou pas du tout le génocide grec qui a eu lieu en même temps que le génocide Arménien ou celui des Assyriens. Depuis l’époque de Homère les Grecs habitaient les côtes du Pont Euxin ou de la mer noire, de l’Asie Mineure et d’autres rives de la Méditerranée. 3000 ans d’histoire et de civilisation à cet endroit pour aboutir à 353 000 tués, pour un total de 1 millions de Grecs exterminés entre 1916 et 1922, sous les yeux des diplomates, des journalistes et des émissaires qui commentaient ou observaient le déroulement des opérations pour le démantèlement de l’empire Ottoman. Les autres furent déportés et n’ont pas eu le droit d’emmener avec eux leurs biens. « Neuf mois de marche, démunis de tout, les pieds nus, frappés et humiliés lorsqu’ils n’étaient pas tués en route ». Avec ces paroles les observateurs américains rapportaient à leur gouvernement l’évolution des opérations qui devraient conduire au règlement de la paix.

Le refus des Turcs de reconnaître ce génocide, le petit génocide grec, appellation qui lui a été donnée  dans les milieux diplomatiques, n’est pas nouveau. Comme celui des Arméniens ils l’expliquent par la cruauté de la guerre, sauf que les documents sont là et ont pavé le chemin de la vérité historique.

Lorsque la France, dans ses efforts militaires de conserver la Syrie et le Liban, perd la guerre de Cilicie contre Atatürk, sa position a changé secrètement et radicalement au sein des Alliés. Armes et informations militaires concernant les positions et les tactiques de l’armée grecque ont étaient données aux Turcs. La suite est connue.

Pour les Français, la « Grande guerre » était celle contre l’Allemagne, celle qui, par son importance, avait le pouvoir de détourner leur regard de cette histoire des génocides, mais tous nous devons savoir et nous souvenir qu'entre 1916 et 1922, à l’apogée des nationalismes, le génocide des chrétiens était un plan bien organisé, compatible avec l’extermination des minorités ethniques. L’auto-proclamation de la République du Pont en 1918 ou le projet Greco-Arménien de 1920, n’ont pas suffi pour peser sur les tables des négociations pour le partage de l’empire Ottoman, comme ils n’ont pas interpellé les grandes puissances sur l’importance des minorités au sein de l’empire ainsi défait.

Le Traité de Lausanne rend le Traité des Sèvres caduc et scelle le sort des minorités : Échange des populations, au moins ce qui restait de celles qui ne sont pas exterminées.  A.A.

photo : http://armeniantrends.blogspot.fr