Le sommet de l'iceberg

GrexitPourquoi s’acharner de la sorte pour appliquer des mesures d'austérité de non-sens ? Petit à petit tombent toutes les soi-disant bienveillantes motivations des créanciers qui dictent la politique de l’Eurozone à l’égard de la Grèce. L'UE et l'Eurogroupe perdent toute crédibilité pour ce qui concerne la santé de l'euro et de l'Europe.

Selon un rapport de la BCE, tenu secret malgré les fuites qui en ont publié l’essentiel, la dette totale de l’eurozone est de 21 Trilliards d’euros. Selon le même rapport, le coût d’un Grexit serait de l’ordre de 1,5 trillard. Bien que ce rapport engage la BCE de façon limité, puisqu’elle ne l’a pas publié, cette annonce commence à avoir un effet bivalent : a) Serrer les liens pour empêcher un Grexit, et ici il faut voir pourquoi, dans la mesure où rester dans l’eurozone est plus que néfaste pour la Grèce, et b) préparer aux réalités à venir ce qui consisterait à assumer les carences structurelles de la zone euro et de l’eurozone.   

Si ce montant souligne les pertes pour le système européen du fait de la faiblesse de la Grèce à payer ses dettes, le maintien de la Grèce dans l’eurozone se résumerait par lui infliger de payer 322 Milliards jusqu’à 2030, dont 160 Milliards d’intérêts, montant qui, même dans l’hypothèse la plus optimiste où la Grèce pourrait le payer, ne diminuerait que de 20 Milliards, puisqu’il en resterait à payer encore 300 Milliards.

Tout ceci bien sûr est en rapport avec la capacité de la Grèce à produire, capacité qui est amputée un peu plus chaque jour par la politique de la Troïka, puisqu’elle prive la Grèce de ses sources de revenu.

Alors que l’idée du Grexit fait du chemin en Grèce, des récents sondages montrent que plus de la moitié des Grecs trouvent qu’il était beaucoup plus intéressant de sortir de l’euro en 2015. Le Grexit pourrait être une arme si la question de l’euro était seulement une question européenne, mais ceci ce n’est pas le cas. Une dette en euro perdrait sa valeur sur le marché mondial et l’eurozone s’écroulerait par elle-même, si l’ESM ne peut lui en assurer le service. L’Europe a plus intérêt à effacer les ardoises internes à la zone euro qu’à laisser durer l’incertitude qui pèse sur les marchés et qui nuit à la croissance et le plein emploi.

Nous rappelons ici que la dette grecque n’est pas la maladie de l’Europe et de la zone euro. Sur le 21 Trilliards la dette grecque représente 1,52% des dettes des pays de la zone euro. Très difficile alors de chéminer vers la construction d'un FME (Fonds Monétaire Européen), dans la mesure où il faut le FMI pour financer les politiques européennes, même si derrière ce dernier on trouve les principaux pays-leaders européens. La déclaration du FMI, "l'euro est un préoccupation européenne", en dit long et souligne une divergence survéeillé principalement entre Allemagne et FMI. Le FMI, déjà malmené dans le monde par les créations d'autres fonds inter-étatiques, ne souhaiterait qu'un autre concurrent pousse en Europe pour soutenir le développement principalement allemand.

Si ces éléments expliquent d'une part le pourquoi de la méthode employée pour y remédier, c’est à dire sans permettre le Grexit, risque d’un domino sûr et certain, et tout en assurant que la Grèce honore ses dettes sans réduction nominale de sa dette, ce qui maintien pour le moment les investisseurs en Europe, cependant d'autre part nous éclairent sur le mal-fondé de la démarche qui n’est pas viable à moyen terme, voire à court terme, car l'explosion sociale et économique de la Grèce rimerait de facto à un Grexit.

Le traitement donc de la dette grecque, retardée uniquement pour des raisons purement de profit financier aux dépens de la Grèce, a commencé à être pensé. Deux types de mesures, reprofilage pour le moyen terme qui porte la durée de la dette de 28 ans à 34,25 ans comme il était estimé initialement par l’ESM. Cette procédure était terminée le 10 Février 2017, et comme le tableau suivant le montre, on voit bien les montants et les échéances qui montrent le reprofilage calculé. Ce reprofilage est provisoire dans le sens où il n'aide pas à résoudre le problème sans une reprise économique réellement reparatrice. 

Date de remboursement Montant à débourser (Mrds)

Montant cumulatif (Mrds)

Maturité précédente (années)
Maturité après reprofilage
09/03/2012 34,6 34,6 2023-2042 inchangée
19/03/2012 5,9 40,5 2047 2045 - 2050
10/04/2012 3,3 43,8 2041 2048
19/04/2012 25 68,8

2034-2039,2042-2046

2052-2056
10/05/2012 4,2 78 2042 2049
28/06/2012 1 74 2040 2045
17/12/2012 7 81 2044-2046 2046-2047
17/12/2012 11,3 92,2 2023-2042 inchangée
19/12/2012 16 108,2 2022, 2023, 2024 2051-2056
31/01/2013 2 110,2 2043 2051 - 2053
28/02/2013 2,8 113 2043-2044 2049-2050
29/04/2013 2,8 115,8 2032 2043-2044
17/05/2013 4,2 120 2043 2050
31/05/2013 7,2 127,2 Prêt payé en 2015
31/05/2013 3,3 130,5 2045 2051-2052
25/06/2013 2,5 133 2048 2047-2048
31/07/2013 0,5 133,5 2050 inchangé
18/12/2013 6,3 139,8 2054 2043-2045
28/04/2014 1 140,8 2053 2054
09/97/2014 1 141,8 2053 2055-2056
27/2/2015 -10,9 130,9    
  Restitution d'obligations EFSF non utilisées par HFSF Montant du prêt en cours    
Maturité moyenne pondéré : 32,45 années