Argent, Réformes et Europe

 

Grèce argent réformesPhoto : http://reinformation.tv/grece-argent-reformes-le-luc-45729-2/

Le « bras de fer », pour reprendre le terme avec lequel que le gouvernement grec présente sa « bataille » contre la politique des créanciers et de l’Allemagne a donné lieu à un texte, qui reprend tous les engagements de la Grèce pour l’horizon Août 2018, document avalisé par la Commission Européenne, afin d’autoriser la tranche de 8 Milliards environ avec laquelle la Grèce doit rembourser 7 milliards à ses créanciers.

Ce texte comprend aussi la description de l’évaluation qui aura lieu à l’issu de cet horizon ainsi que le plan de la Commission Européenne pour l’intervention sur la dette grecque, qui est juste l’engagement sur le procédé et non pas sur un résultat. Enfin dans le texte apparaît la distribution sur l’échelle du temps, des tranches dites « d’aide » venant du Mécanisme de Stabilité Européen ( MES)

Les textes adoptés sont officiellement annoncés le 23 Juin 2017 par la Commission européenne. Par la suite le parlement allemand devrait approuver, afin que le MES débloque la tranche de 7,7 Milliards exactement.

Les textes détaillent les engagements de la Grèce pour de nouvelles mesures à hauteur de 6,5 milliards pendant la période 2018 – 2022. Pour la même période, il faut ajouter l’engagement d’atteindre un excédent primaire de 3,5% du PIB ( c’est-à-dire économiser environ un peu plus de 6 Milliards par an) et par la suite l’obligation d’économiser 2% du PIB (environ 3,5 Milliards par an).

Cet effort d’économie, exigence de l’Allemagne, doit être fait dans une période de récession pour la Grèce, où la dette croît ainsi que les intérêts sur la dette en même temps que le besoin d’emprunter alors que les conditions de sortir sur les marchés et emprunter sont les plus mauvaises. Rappelons qu’ à l’heure actuelle, si la Grèce émettait des obligations, selon les risques encourus elle devrait promettre un taux supérieur à 5% pour les obligations de 3 ans, ce qui veut dire qu’il lui faut une croissance similaire, alors que Eurostat publie pour la Grèce un taux (technique) de croissance de 1,2% pour 2017.

L’impossibilité pour le MES de financer sans le FMI, alors que le FMI n’accepte de s’engager avec des sommes symboliques. Rappelons ici qu’il était montré du doigt au niveau international pour avoir mis en péril toute une population, juste pour des principes de gestion financière fondés sur des données irréelles et des faux scénarios sur la croissance monduale. Cette implication dans le dossier grec lui a valu la critique internationale et les initiatives des plusieurs pays de fonder d’autres unions financières pour réguler mieux les méfaits d’une mondialisation mal maîtrisée.

Enfin, plusieurs dizaines de conditions préalables sont aussi dans le texte final, condition que la Grèce doit remplir au préalable et vérifiées par les prochaines évaluations du programme d’aide.

Un an et demi, donc, c’est le délai qu’elle se donne l’Allemagne pour refaire l’Europe, sans l’épine du dossier grec. Ce délai n’est pas un délai de carence pour la Grèce, mais un délai de désastre. Alors qu’elle aurait pu bénéficier du Quantitaive Easing (QE), comme d’autres pays européens, ce qui lui donnerait un peu d’air, cette option est désormais hors de perspective car probablement en Août 2018 il n’y aura plus d’extension du programme QE.

Par la suite le texte dresse les modes d’évaluation ainsi que la participation du FMI, qui lui déterminera s’il faudra imposer à la Grèce un nouveau mémorandum (nouvelles mesures d’austérité) ou pas. Rappelons que ces mesures d’austérité, tant médiatisées, concernent la baisse des retraites et la réduction des tranches de non-imposition. Dans l’ensemble, le FMI évaluera les mesures et leur impact, si elles sont suffisantes, et dans la négative, d’autres mesures viendront.
Il est question aussi des possibilités pour des contre-mesures,, si l’évaluation est favorable dans ce sens.

Vous trouverez ci-dessous les liens pour accéder aux documents publiées par la commission européenne, qui vous permettront une information directe et une réflexion sur la perspective politique laissée par ces documents. Le cas grec n’est pas si loin que l’on pourrait le penser ni une affaire passée.

Complience Report

Council Implementing Decision

Greece's Technical Memorandum