Un Été pas comme les autres ?

Un Été pas comme les autres ?

A croire les différents commentateurs et analystes, les relations de la Grèce avec la Turquie conduiraient à un «juin chaud». Nous ne sommes pas de cet avis, même si plusieurs sujets sont à régler et comme de coutume, il est dans les impératifs de chaque nouveau gouvernement américain de montrer ses résultats au bout de cent jours, et que la rectification de l'édifice d'influence américain, après Trump, devient une priorité. Il y a des situations qui ne changent pas en un Eté et des politiques qui sont immuables.

Jeux et conflits

Beaucoup d’encre a coulé depuis notre dernier article relatif à la crise de stabilité à l’Est de la Méditerranée. Nous avons vu les mouvements et provocations de la Turquie, par exemple la transformation en mosquées de deux monuments culturels byzantins majeurs, la multiplication des émissions Navtex dans les eaux territoriales grecques, mais aussi l’épaulement de la Grèce par la France, avec à la clé la fourniture d’avions de type rafale, de missiles et peut être de frégates….

Il n’était pas le moment pour la Grèce de dépenser tant d’argent, un moment où son économie va mal, le chômage atteint plus de 18% et le covid arrête net, pour cette année au moins, une ressource régulière venant du tourisme.

Toute la Grèce en parle, mais surtout en Turquie, et pour cause, car il semble que la propagande reste le seul outil politique pour Erdogan pour remonter dans les sondages et essayer de se placer pour les prochaines élections pour un nouveau mandat présidentiel. Le sujet du conflit a commencé à nourrir la presse internationale, qui voit là la déroute de l’OTAN et les difficultés de Trump à imposer la pax americana dans la région.

Crise de développement et crise migratoire

Le phénomène de l’immigration, tout type d’immigration confondu, est rendu complexe par la diversité des politiques locales, nationales et européennes. Il n’est pas aisé de trouver le bon bout, ou la distance, qui permettrait de se positionner face à ce phénomène grandissant et de ce fait pressant.

Selon le contexte, l’immigration est synonyme de droit d’asile ou de clandestinité. Dans le contexte grec, l’immigration rime avec agression et guerre. La Grèce est actuellement sous pression, la Turquie a décidé d’utiliser les réfugiés comme une arme de pression contre l’UE. Quelques milliers de personnes, aidés par l’armée turque qui leur a fourni des grenades lacrymogènes et des grenades dissuasives ont attaqué un poste militaire à la frontière gréco-turque. L’incident n’est pas isolé et montre que l’UE, par Frontex interposée, n’est pas du tout préparée à faire face à une invasion massive de « migrants ».

Vendredi 28/2/2020 le gouvernement grec a décidé donc de s’organiser face aux afflux potentiels futurs de réfugiés après que la Turquie eut annoncé qu'elle permettrait le libre passage aux réfugiés cherchant à rejoindre l'Union européenne. Ces déclarations turques de la veille sont dirigées contre la Grèce et l’UE. Depuis une décennie les actions turques contre la Grèce se multiplient tandis que la Grèce, menottée par ses impératifs européens, a du mal à fonctionner dans le cadre du droit international. Treize mille réfugiés se sont présentés Jeudi dernier à la frontière greco-turque du Nord de la Grèce, dont bon nombre avec bâtons, grenades lacrymogènes fournies par les soldats turcs et grenades d'éclat. 

Ces faits ont été suivis par les médias et ont provoqué  une crise politique, d’abord au sein du parti de la Nouvelle Démocratie, et de ce fait du gouvernement, pour générer par la suite un embarras généralisé au sein de la société grecque.

Un arbre qui cache la forêt

Ne voir que l'arbre qui cache la forêt" - Preserver Sa Vue

Avec l’arrivée du coronavirus, qui, à juste titre occupe les esprits du monde entier, familles, entreprises, collectivités et autorités, un autre terme fait son apparition dans la scène politique. C’est le terme Coronabonds, pour désigner un schéma financier d’aide aux pays les plus touchés par le coronavirus, c’est-à-dire l’Italie et l’Espagne.  

Il est très curieux de voir nos hommes politiques ne pas réagir face à cette orchestration de communication propagandesque.

L’Europe va mal, pour certains et même si ça va mal aussi pour ceux qui tiraient leur intérêt d’une Europe construite de la sorte, il n’y a pas assez de volonté pour changer la situation. L’Europe traverse une période de crise économique, bancaire, politique et les données sont là pour nous le souligner au quotidien.

Les territoires sont morts, vive les territoires

Une fois de plus, la Turquie provoque la Grèce et défie la communauté internationale, en mettant en œuvre son plan d’annexion des zones maritimes de ses voisins, en dépit du droit international. Pour rappel, la Turquie conteste le Droit de la Mer, la souveraineté de la République Chypriote, la souveraineté de la Grèce sur ses iles.

Carte de l'accord Turco-Libyen

L’article publié récemment dans le journal Yeni Safak, ayant pour titre « L’autorisation pour la Crète est prête » fait allusion à un droit inexistant pour légitimer ses actions.

En effet, la Turquie a conclu avec la Lybie un accord, mais en désaccord avec le droit international qui prévoit la concertation avec ses voisins, c'est à dire la Grèce et Chypre. Certes, cet accord a une légitimité très limitée, voire nulle, car non reconnue par les instances internationales qui ne changeront pas d’avis, étant donné des importances (voir par exemple le cas de la France et de ses déclarations de ZEE dans les différents archipels).

Oui, la Turquie a envoyé à l’ONU les coordonnées de la délimitation marine, ainsi conclue, mais cela n’est pas une source de légitimité, et par ailleurs l’ONU n’a pas omis de le lui rappeler.

C’est donc suite à cet envoi à l’ONU que le gouvernement turc autorise un bateau de forage d’aller procéder à des explorations dans le littoral crétois, exactement aux concessions cédées par la Grèce en 2014.

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